dimanche 12 novembre 2017

Carnet de voyage n°24 : Retour en Thaïlande et bloqués au milieu de nulle part



  • Si vous avez lu le Carnet de voyage n°23, vous savez donc que nous quittons officiellement le Cambodge par voie terrestre aujourd'hui. Nous voulons à tout prix nous laisser une certaine liberté et une marge de manoeuvre quant à nos choix et nos envies durant ces trois mois de voyage sac à dos.

  • Dès lors, après une courte réflexion, nous avons opté pour un retour en Thaïlande en bus (je parle de "retour" car nous avons déjà parcouru la Thaïlande en début de voyage). En effet, c'est l'option la moins chère et c'est celle qui nous motive le plus. Nous ne savons pas exactement où le vent nous mènera après mais nous sommes curieux de l'apprendre. Notre projet actuel est de nous rendre à Trat, une ville en Thaïlande non loin de la frontière. Ensuite, nous prendrons un ferry pour nous rendre sur Koh Chang, une île Thaï. Nous n'avons que très peu de renseignements sur cette île mais après tout c'est le voyage qui veut ça. Le plus beau voyage c'est celui qu'on n'a pas encore fait, comme le veut l'expression.

Sihanoukville, autour de 9h30

On vient nous chercher (1h après l'heure prévue) pour nous emmener au car. Après avoir attendu longtemps à la station de bus, nous prenons enfin la route dans un véhicule tombant en ruines et qui avance à 40km/h. 

Après avoir roulé pendant deux heures, le car s'arrête et le chauffeur sort du véhicule. Certains touristes se regardent entre eux et engagent la conversation, pendant que d'autres patientent. Un touriste s'exclame en disant qu'il a un avion à prendre près de la frontière et un européen commence à s'énerver et sort du bus, tout cela sous les yeux étonnés des locaux et des autres touristes avec qui nous partageons le trajet.

Le chauffeur remonte et nous repartons, jusqu'au moment où le car s'arrête de nouveau. Cette fois-ci, on nous annonce qu'il y a un problème avec le moteur ou les freins je ne sais plus exactement... Mais ce qui est sûr, c'est que l'on ne peut pas repartir pour le moment.

Certains touristes dont les deux que j'ai mentionné plus haut, commencent à organiser un plan pour partir d'ici. Ils veulent faire venir un taxi (nous sommes au milieu de nulle part, sur une route au Cambodge). Le plus drôle dans cette histoire c'est que, ni les locaux ni le chauffeurs de bus et son staff, ne semblent se stresser à l'idée que nous soyons bloqués. Nous sommes arrêtés au bord de la route et il y a une petite cantine. Le staff du bus se dirige à une table et rigole en regardant le groupe de touristes s'agiter.
Mon chéri et moi décidons de manger une assiette de riz tout comme les locaux. Tant qu'à attendre, au moins remplissons-nous l'estomac. De plus, le chauffeur de bus ne parlant quasiment pas anglais, le groupe de touriste coriace s'entête à l'assener de questions mécaniques. J'ai l'impression de me trouver dans un film.

Après avoir mangé, le chauffeur et son équipe remontent dans le car et nous appellent pour embarquer. Comme par magie, le car repart et nous arrivons à la frontière avec une heure de retard seulement. Le groupe de touriste qui avait fait un plan d'évasion se sont tus jusqu'à la frontière. Sans doute, avaient-ils perdus le contrôle de la situation et réalisaient que la vie ici n'est pas la même qu'en Occident ? J'ai trouvé cet épisode de notre voyage très formateur. Pendant que les européens s'agitaient, les khmer s'occupaient et relativisaient. Finalement, je vois cette anecdote du voyage comme une leçon de vie.

Et si on essayait de voir les aspects positifs d'une situation plutôt que de se plaindre du négatif ? Et si on apprenait la patience ? La société actuelle nous pousse à croire qu'il faut faire les choses tout de suite. Les risques d'une société ayant une vision pareille est de devenir égoïste et compétitive. Les gens risquent de se déshumaniser, c'est-à-dire, d'oublier la base, l'essentiel de ce qu'ils sont. 

Je ne sais pas ce qu'il s'est passé avec ce car mais nous avons quand même réussi à arriver à notre destination : Trat, situé en Thaïlande. Notre visa de 30 jours en poche, nous décidons de passer une nuit en transit dans cette petite ville. Quel plaisir de retrouver la cuisine thaï, les petits marchés de nuit remplis d'étalages de fruits et tout cela pour un prix dérisoire par rapport au Cambodge (et surtout par rapport à la Suisse !).

Demain, nous serons sur une île, nous pouvons donc dormir sur nos deux oreilles et rêver de belles plages de sable fin. 

Koh Chang
Prochaine étape du voyage : Koh Chang, une île suprenante
Précédemment : Carnet de voyage n°23 : Sihanoukville et remise question de notre itinéraire

Les articles que je publie régulièrement sont basés sur des ressentis et ne constituent pas un "guide routard" pour l'Asie du Sud-est. Tout ce que vous pouvez lire est issu de mes notes manuscrites que j'ai gribouillé lorsque j'avais un peu de temps, notamment dans les transports en communs asiatiques.

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